Mesure d’audience

Changer d’outil sans perdre son historique

Quand Google a arrêté Universal Analytics, des milliers de sites ont perdu des années de chiffres. Changer d’outil se prépare, et l’historique se sauve avant.

Deux outils de mesure côte à côte avec une période de chevauchement, et une archive qui garde les anciens chiffres

On change d’outil de statistiques pour de bonnes raisons : passer de Google Analytics à Matomo pour se passer de consentement, quitter une extension WordPress devenue payante, ou y être obligé. C’est ce qui est arrivé à tout le monde en 2023, et la leçon mérite d’être retenue.

L’exemple d’Universal Analytics

Google a cessé de collecter les données de l’ancienne version de son outil, Universal Analytics, en juillet 2023, puis a supprimé les historiques en 2024. Les sites qui n’avaient rien exporté ont perdu, en quelques clics de Google, dix ans de chiffres. GA4, qui l’a remplacé, ne reprend rien de l’ancien outil : il repart de zéro, avec d’autres définitions.

Un outil de statistiques ne vous appartient pas. Les chiffres que vous en tirez, si, à condition de les avoir mis de côté.

Les trois règles d’un changement réussi

  • Exporter avant tout : les totaux mensuels par canal, par page et par conversion, sur toute la période disponible, dans un tableur que vous gardez.
  • Faire tourner les deux outils en parallèle pendant au moins un mois, et idéalement trois, pour mesurer l’écart entre leurs chiffres.
  • Noter la date de bascule et les différences de définition, pour que la personne qui lira la courbe dans deux ans comprenne la marche d’escalier.

Pourquoi la période de chevauchement compte

Deux outils ne comptent jamais pareil. Matomo sans cookie, GA4 avec consentement et les statistiques de l’hébergeur donnent trois chiffres différents pour les mêmes visites. Sans période commune, une hausse ou une baisse au moment du changement sera interprétée comme un événement réel, alors qu’elle ne traduit que la nouvelle méthode de comptage.

Avec un ou deux mois de mesure en double, on connaît l’écart. On peut alors raccorder les deux séries, au moins en tendance, et continuer à comparer une année à l’autre.

Ce qu’on ne peut pas transférer

Les données détaillées d’un visiteur ou d’une session ne passent pas d’un outil à l’autre, et ce n’est pas grave. Ce qui compte pour décider, ce sont les totaux et les tendances. Matomo sait importer un historique Google Analytics, mais le résultat reste approximatif. L’export dans un tableur, lui, ne dépend d’aucun éditeur. C’est la première tâche que je fais avant toute bascule dans la mesure d’audience d’un site : sauver ce qui existe, puis changer.

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