Performance

Faut‑il activer HTTP/2 ou HTTP/3 ?

C’est l’un des rares réglages qui accélère sans rien casser. Ce que cela change, comment vérifier en dix secondes, et l’optimisation devenue inutile.

HTTP/2 et HTTP/3 : un serveur envoie ses fichiers sur quatre voies en même temps, au lieu d’une seule file grise qui attend

Derrière ces sigles se cache la manière dont votre navigateur discute avec le serveur. Le passage aux versions récentes est l’un des rares gains obtenus sans toucher au site.

Ce que cela change

Dans l’ancienne version, le navigateur ouvrait une file d’attente par fichier, et se limitait à six connexions simultanées. Une page appelant soixante fichiers les recevait donc par vagues.

Les versions récentes envoient tout dans une seule connexion, en parallèle. Sur une page comportant beaucoup de petits fichiers, le gain est immédiat et se mesure en centaines de millisecondes.

C’est l’un des rares changements qui accélère un site sans en modifier une seule ligne.

L’optimisation devenue inutile

Regrouper toutes les feuilles de style et tous les scripts en un seul fichier était la bonne pratique de l’ancienne version : moins de fichiers, moins de files d’attente.

Ce n’est plus vrai, et c’est parfois contre‑productif. Un gros fichier unique doit être retéléchargé en entier dès qu’une ligne change, alors que plusieurs fichiers séparés ne renvoient que ce qui a bougé. Beaucoup d’outils proposent encore ce regroupement par défaut.

Comment savoir si c’est actif ?

Dans les outils de développement du navigateur, la liste des fichiers chargés comporte une colonne « protocole ». Elle affiche h2 ou h3 si les versions récentes sont en service, http/1.1 sinon.

Cette colonne n’est pas toujours visible par défaut : elle s’ajoute d’un clic droit sur l’en‑tête du tableau.

Que faire si ce n’est pas actif ?

Demandez‑le à votre hébergeur. Chez la plupart, c’est une simple case, et c’est déjà actif par défaut sur les offres récentes. Sur un serveur que vous administrez, c’est un réglage à ajouter.

Un prérequis : le site doit être servi en connexion sécurisée. Sans certificat, aucune des deux versions récentes ne fonctionne, ce qui est une raison de plus de ne pas payer pour un certificat que la version gratuite fournit aussi bien.

Et la version 3 ?

Elle apporte un gain surtout sur les réseaux mobiles instables, où elle reprend une connexion interrompue sans tout recommencer. Sur une connexion fixe, la différence avec la version 2 est faible.

À activer si l’hébergeur la propose, sans en faire un critère de choix : le gain existe, il ne justifie pas un déménagement.

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