Audit et diagnosticComment reprendre un site dont on n’a aucune documentation ?
Ni notice, ni interlocuteur, ni historique. La méthode pour retrouver ce qui a été fait, dans quel ordre, et ce qu’il faut établir avant de toucher quoi que ce soit.

C’est une situation courante : le accès dois‑je absolument posséder sur mon site ? »>prestataire d’origine n’est plus joignable, personne ne sait ce qui a été installé ni pourquoi, et il faut pourtant intervenir. Le site fonctionne, ce qui donne l’illusion qu’on peut y toucher sans précaution.
Par quoi commencer ?
Par une copie complète, avant tout le reste. Tant qu’on ne sait pas ce que fait le site, toute modification est un pari, et la copie est le seul filet.
Ensuite seulement vient l’exploration, et elle se fait en lecture. L’objectif n’est pas de corriger : il est d’établir un état des lieux écrit.
On ne répare pas un site qu’on n’a pas encore compris. On l’aggrave.
Que peut‑on reconstituer, et comment ?
- Les dates de fichiers racontent l’histoire du site : quand il a été monté, quand on y est intervenu pour la dernière fois, ce qui a été modifié après coup.
- Le code sur mesure se repère dans le thème et dans les fichiers de configuration. C’est là que se cachent les comportements que rien n’explique.
- Les extensions se comparent à leur version officielle : un écart signale une modification manuelle, qui sera écrasée à la première mise à jour.
- La base de données montre les tables qui n’appartiennent à rien de connu, souvent vestiges d’extensions supprimées.
- Les tâches planifiées révèlent ce qui tourne automatiquement, et que personne ne surveille.
Le danger des modifications directes
C’est le piège classique des sites repris. Un développeur pressé a modifié une extension ou le cœur directement, sans passer par les mécanismes prévus pour cela. Tant que rien n’est mis à jour, tout fonctionne.
À la première mise à jour, la modification disparaît et une fonction s’arrête, sans message d’erreur. C’est la raison pour laquelle un site jamais mis à jour depuis des années demande d’abord un inventaire, et non une salve de mises à jour.
Que faut‑il établir avant d’intervenir ?
Trois documents courts, et ils suffisent : la liste de ce qui est installé avec les versions, la liste de ce qui a été modifié à la main, et la liste des accès dont on dispose et de ceux qui manquent.
Cette dernière liste est la plus importante. Découvrir au milieu d’une intervention que l’on n’a pas la main sur le nom de domaine transforme une opération d’une heure en négociation de trois semaines.
Combien de temps cela prend‑il ?
Une demi‑journée pour un site vitrine, un à trois jours pour une boutique. C’est du temps qui paraît improductif, puisqu’il ne corrige rien, et c’est celui qui évite les interventions à l’aveugle.
Il produit en outre quelque chose que le site n’avait pas : une documentation. À partir de là, la prochaine personne qui interviendra, moi ou quelqu’un d’autre, ne repartira plus de zéro.
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