Mesure d’audience

Les recherches faites dans votre site : des chiffres qu’on ne lit jamais

Chaque mot tapé dans le moteur de recherche de votre site dit ce que le visiteur n’a pas trouvé seul. C’est la liste de souhaits la plus honnête qui soit.

Un champ de recherche d’où partent plusieurs mots vers une liste, dont certains sans résultat marqués d’une croix

La plupart des sites ont un champ de recherche, dans l’en‑tête ou sur la page du catalogue. Ce qu’on y tape est une information précieuse : ce sont les mots exacts de vos visiteurs, au moment où ils cherchent quelque chose chez vous. Pourtant, presque personne ne les lit.

Ce que ces recherches révèlent

Un visiteur qui utilise la recherche n’a pas trouvé ce qu’il voulait dans les menus. Chaque requête est donc un petit signal d’échec, ou au moins de difficulté. Lues ensemble sur quelques mois, elles dessinent une carte très concrète :

  • Les produits ou les services qu’on vous demande et que vous ne proposez pas encore.
  • Ceux que vous proposez, mais sous un autre nom que celui employé par vos clients.
  • Les pages trop bien cachées, qu’on cherche alors qu’elles existent.
  • Les fautes de frappe et les variantes que le moteur de votre site ne sait pas rattraper.

Ce que les visiteurs tapent dans votre champ de recherche, c’est ce que votre menu ne leur a pas donné.

Comment les récupérer

Google Analytics 4 les enregistre sans code supplémentaire grâce à sa mesure améliorée, à condition que l’adresse de la page de résultats contienne le mot cherché, ce qui est le cas sur WordPress et sur PrestaShop. Si votre site utilise un paramètre inhabituel, il suffit de l’ajouter dans les réglages du flux de données. Les termes apparaissent ensuite dans l’événement « view_search_results ».

Matomo propose un rapport de recherche interne dédié, qui distingue les requêtes sans résultat. C’est la liste la plus utile de toutes : ces visiteurs sont repartis bredouilles. Les outils de recherche intégrés à certaines boutiques tiennent aussi leur propre journal, parfois plus complet que celui des statistiques.

Qu’en faire, concrètement

Une fois par trimestre, exportez les cinquante requêtes les plus fréquentes et classez‑les en trois groupes. Celles qui trouvent la bonne page : rien à faire. Celles qui la trouvent mal : renommez la page, complétez sa description ou ajoutez un synonyme au catalogue. Celles qui ne trouvent rien : c’est peut‑être une page à écrire, ou un produit à ajouter.

Ces mots sont aussi une source de premier ordre pour le référencement. Ils sont souvent plus proches du langage réel de vos clients que ceux proposés par les outils de mots‑clés, et plus fiables que les requêtes de la Search Console, qui ne montrent que les recherches faites sur Google. C’est une lecture que j’ajoute systématiquement dans la mesure d’audience d’un site, parce qu’elle coûte peu et rapporte beaucoup.

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